Archive pour février 2008

Presse Pizzi Cannella

Mardi 5 février 2008
  • Pariscope 6 février 2008

De simples feuilles de papier. De ces papiers “faits à la main”, un peu rustiques, bruts, sepia, plein de charme. Du charme necessaire pour que ce romain rêveur et enchanteur y dépose des traces memorielles, comme si son fusain ou son tableau étaient chargés de souvenirs. Des riens, des traces fugaces de grandes et petites emotions, des objets, une silhouette de monument, une sempiternelle robe, ses habituels petits lézards, un éventail, qu’il accompagne quelquefois de mots à la limite de l’évocation… “Orientale”, “Grand Hôtel”, “Pulcinelle”, “Salon de musique”… Des mots qui laissent vagabonder notre esprit et derrière lesquels on imagine bien des moments de bonheur ou de tristesse. Les aspérités d’une vie. Et si l’on est un brin romantique, il émane de tout cela des évocations fugitives d’amours italiennes comme celles qu’a, en son temps, laissées dans notre mémoire une certaine Dominique Sanda, belle et diaphane, évoluant dans le jardin des Finzi Contini. Il y a des battements dans les feuilles de Pizzi Cannella, ces petits pas que la mémoire pose en jalons d’une intimité remémorée. On se plaît à rêver. Et dans le chaos actuel dont l’art se fait trop bien et trop souvent l’echo, voir que l’on vient nous parler de l’essentiel en évoquant le fugace nous rappelle que le bonheur et la tristesse ne sont que d’âme, le reste on nous en rebat un peu trop les oreilles. Laissons nous aller…

  • Telerama  30 janvier 2008

 L’artiste romain montre des oeuvres sur papier et égrène les pages d’un album personnel où l’on retrouve quelques unes de ses figures fétiches - petite robe, salamandre, collier de perles, gerbe de blé, dôme de cathédrale. Autant de motifs tracés d’un trait charbonneux et flottant dans l’espace qui semblent un alphabet sentimental, entre Giotto et Fautrier, de formes en germe et d’une élégante vie… 

  • Gazette de L’Hôtel Drouot  1 février 2008

 Nous apprenons à la lecture du Journal de Bernard Vidal que Pizzi Cannella peint la nuit. Un temps pour une autre lumière, irréelle, en prise sur la mémoire et ses images récurrentes qui constituent les thématiques de notre peintre romain. L’exposition en réunit quelques unes, fiori secchi, solitario mio, bagno turco, ombra chinese, camera d’artista… Allusifs sont les sujets, cernés par un trait vibrant, elliptique et pudique. Rien d’appuyé, parce que tout est dans le murmure, dans ce souvenir memoriel qui subsiste après que le réel se fut éloigné. Le carrelage dans les bains turcs, la silhouette ovoide et evidée d’un vase, celle de deux fenêtres ouvertes sur l’imaginaire, les loups noirs, masques de Pulcinelle qui nous fixent, immobiles, comme une mysterieuse métaphore du regard interieur… Que reste-t-il du réel appréhendé, une fois la nuit venue? Des signes, un designo qui écrit le réel, le réactive dans sa solitude, hors du temps, à l’exemple de la chaise du Grand Hôtel, de la robe suspendue, du collier la perle, de l’or et des bijoux qui resplendissent dans le noir. L’economie de moyens sembe de rigueur pour ces hieroglyphes qui tissent des liens avec la poesie dont Pizzi Cannella cultive les correspondances. Ses rimes et ses cadences dialoguent dans le double langage du dessin et de la peinture. A l’aide du fusain, du crayon, de l’encre et de la peinture à l’huile, et donc du noir et blanc, des terres ocre et brunes, il traverse les territoires nocturnes jusqu’a l’emergence de la lumière.  

  • Liberation      du    22 mars 1990 

  Fer de lance, avec Nunzio, Dessi, Gallo, de la nouvelle école romaine (assez peu connue en france) Piero Pizzi Cannella n’avait encore jamais eu d’exposition personnelle à Paris. Maintenant c’est donc fait. Avec une serie de toiles et de dessins dans lesquels il reste fidèle à sa demarche, caracterisée par l’evocation de formes simples, contours d’objets familiers (vases chaises) qu’il ne represente pas, mais qu’il presente simplement dans un jeu d’espace et de surface, de mise en lumière et de tons sourds, d’attente et de mémoire, pour les faire parler de l’interieur et pour selon l’expression d’achille Bonito Oliva “evoquer le squelette des choses”Â